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Quitter VMware : Scale Computing et UpOnScale, une alternative concrète

Depuis le rachat de VMware par Broadcom, le même scénario se répète dans les salles de réunion : le devis de renouvellement arrive, et il n’a plus rien à voir avec le précédent. Pour beaucoup de PME, d’ETI et de collectivités, la question n’est plus « faut-il partir ? » mais « vers quoi, et comment ? ».

Parmi les chemins de sortie, Scale Computing occupe une place particulière : une plateforme pensée dès l’origine pour être simple, là où VMware a bâti un empire de modules. Associée à UpOnScale, une surcouche européenne qui apporte l’interface, la sauvegarde et un outil de migration, elle forme une alternative crédible pour les infrastructures de taille moyenne. Voici ce qu’il faut en savoir avant de se décider.

Pourquoi tant d’organisations quittent VMware

Broadcom a finalisé le rachat de VMware fin 2023, et la refonte commerciale qui a suivi a changé la donne pour les petites et moyennes infrastructures. Trois décisions pèsent particulièrement.

La fin des licences perpétuelles d’abord : l’ensemble du catalogue est passé à l’abonnement, transformant un investissement amorti sur plusieurs années en charge récurrente. La mise en bundles ensuite : les briques autrefois achetables à l’unité ont été regroupées dans un petit nombre d’offres, ce qui revient souvent à payer des fonctions que l’on n’utilise pas. L’instauration de volumes minimums de facturation enfin, qui pénalise mécaniquement les infrastructures modestes : un cluster de trois petits serveurs se retrouve facturé comme s’il était bien plus gros.

S’y ajoutent des effets de bord moins visibles mais tout aussi gênants : réorganisation du réseau de revendeurs, contrats renégociés à chaque échéance, visibilité budgétaire réduite. Beaucoup de DSI témoignent de la même chose : ce n’est pas tant le montant qui pousse au départ que l’impossibilité de le prévoir.

La stratégie assumée de Broadcom consiste à se concentrer sur les très grands comptes. Pour tous les autres, la question du changement de plateforme n’est plus taboue, elle est budgétaire.

Scale Computing : l’hyperconvergence sans la complexité

Scale Computing vend une plateforme appelée SC//HyperCore. Le principe de l’hyperconvergence : au lieu d’empiler des serveurs d’un côté, une baie de stockage de l’autre et un logiciel de virtualisation par-dessus, tout tient dans les mêmes machines. Trois serveurs identiques forment un cluster qui assure à la fois le calcul, le stockage et la haute disponibilité.

Techniquement, l’hyperviseur repose sur KVM, la technologie de virtualisation du noyau Linux. Le stockage est géré par un moteur maison, SCRIBE, qui présente l’ensemble des disques du cluster comme un pool unique : plus de LUN, de datastores ni de cibles iSCSI à créer et à maintenir. Et une couche d’automatisation baptisée AIME se charge des tâches courantes, surveille le matériel et le logiciel, et corrige seule une partie des incidents — d’où le terme d’« autoguérison » qu’on lit souvent à propos de la solution.

Ce qui change au quotidien

VMwareScale Computing
LicencesPlusieurs niveaux et bundles, options facturées à partUne licence SC//HyperCore, Fleet Manager en option
Console de gestionvCenter, une machine virtuelle dédiée à installer et maintenir par siteInterface web intégrée à chaque nœud, rien à déployer
StockagevSAN, datastores, LUN, partages à administrerPool unique géré automatiquement
Haute disponibilitéÀ configurerNative sur un cluster multi-nœuds
Mises à jourPatchs par couche, compatibilité à vérifierMise à jour unifiée de toute la pile, avec contrôles préalables
SupportNiveaux différenciés selon le contratUn seul niveau, 24h/24 et 7j/7

La philosophie se résume à une phrase : ce que VMware vous donne à configurer, Scale Computing le fait par défaut. C’est une force pour les équipes réduites, et une limite pour celles qui veulent régler chaque paramètre.

L’autre atout, plus discret, est la frugalité matérielle. La plateforme tourne sur du matériel standard certifié, du serveur 1U classique aux boîtiers compacts destinés aux sites distants : magasins, agences, ateliers, écoles. C’est là que Scale Computing s’est construit une réputation, avant de revenir dans le débat généraliste à la faveur du dossier Broadcom.

UpOnScale : la surcouche qui complète le tableau

SC//HyperCore couvre l’essentiel, mais reste volontairement sobre sur certains terrains : la gestion multi-clients, la sauvegarde fine, le confort d’une interface moderne. C’est précisément le créneau d’UpOnScale, un éditeur européen, partenaire Gold certifié Scale Computing, dont le logiciel s’installe comme une machine virtuelle sur le cluster et vient enrichir la plateforme.

Trois apports retiennent l’attention.

L’interface et la gestion multi-tenant. UpOnScale ajoute une console qui donne une vue consolidée sur plusieurs clusters, avec un historique exploitable et des statistiques de performance. Surtout, elle permet de découper les ressources par entité : utile pour un groupe multi-sites, une collectivité qui héberge plusieurs structures, ou un prestataire qui mutualise une infrastructure entre plusieurs clients.

La sauvegarde et la réplication. Planification, supervision et restauration sont intégrées, avec la possibilité de restaurer un fichier précis plutôt que la machine entière, de la déduplication pour limiter le volume stocké, et de la réplication de machines virtuelles vers un second site. De quoi construire un plan de reprise sans ajouter un éditeur de sauvegarde supplémentaire au contrat.

L’outil de migration. UpOnScale propose son propre module de conversion depuis VMware vers Scale Computing, avec injection automatique des pilotes et optimisation des systèmes de fichiers Windows. C’est le point qui intéresse directement un projet de sortie de VMware : la conversion des machines virtuelles, étape la plus fastidieuse, s’exécute depuis la même interface que le reste.

À noter : l’éditeur couvre également Proxmox VE, autre alternative fréquemment envisagée. Pour une organisation qui hésite encore entre les deux chemins, l’outillage de sauvegarde et de migration ne sera donc pas à refaire si le choix évolue.

Comment se déroule concrètement la migration

Bonne nouvelle : on ne migre pas un cluster VMware en une nuit, mais on ne le migre pas non plus à la main, machine par machine. Deux outils couvrent le travail — SC//Migrate, l’outil de Scale Computing, qui s’appuie sur des sauvegardes pour transférer les données sans installer d’agent dans les machines invitées, et le module de migration d’UpOnScale. Dans les deux cas, le principe est le même : copier, convertir, redémarrer côté Scale.

Le déroulé type d’un projet :

  1. Inventaire et tri. Lister les machines virtuelles, leur taille, leurs dépendances et leur criticité. C’est aussi le bon moment pour identifier celles qui ne servent plus — un parc VMware ancien en compte toujours.
  2. Dimensionnement du cluster cible. Trois nœuds constituent la configuration de départ courante. Le dimensionnement se fait sur la mémoire et le stockage réellement consommés, pas sur ce qui avait été provisionné.
  3. Installation en parallèle. Le cluster Scale est monté à côté de l’existant VMware, qui continue de tourner. Aucune bascule n’est engagée tant que la cible n’est pas validée.
  4. Migration par vagues. On commence par les machines les moins critiques pour roder le processus, puis on enchaîne. Chaque vague se termine par un test applicatif réel, pas seulement par un ping.
  5. Bascule des machines critiques. Généralement sur une fenêtre de week-end, avec un retour arrière possible tant que l’environnement VMware n’est pas démonté.
  6. Décommissionnement. Une fois la période d’observation passée, on arrête l’ancien environnement et on cesse de payer les abonnements correspondants.

Sur la durée, les retours de terrain convergent vers un ordre de grandeur utile pour budgéter : comptez environ une journée de travail pour dix machines virtuelles de complexité moyenne, tests et audit compris. Un parc de cinquante machines représente donc un projet de quelques semaines, pas de quelques jours.

Les points de vigilance

  • Les pilotes invités. Les VMware Tools doivent céder la place aux outils invités de Scale, basés sur virtio. L’opération est automatisée par les outils de migration, mais les systèmes anciens méritent un test préalable.
  • Les licences applicatives. Certains éditeurs lient leur licence à des identifiants matériels. À vérifier avant la bascule, pas après.
  • La chaîne de sauvegarde. Votre solution actuelle sauvegarde-t-elle les machines Scale ? Veeam dispose d’un plug-in pour SC//HyperCore, et UpOnScale embarque sa propre brique. Dans tous les cas, une restauration doit être testée avant de démonter l’ancien environnement.
  • Le réseau. VLAN, règles de pare-feu et adressage se reportent sans difficulté particulière, à condition d’avoir été documentés — ce qui n’est pas toujours le cas.
  • Les fonctions avancées. Si votre environnement exploite la micro-segmentation NSX, des politiques de stockage très fines ou des intégrations profondes avec l’écosystème VMware, l’équivalence n’existe pas toujours. Mieux vaut le savoir au moment de l’inventaire.

Pour qui c’est le bon choix — et pour qui ça ne l’est pas

Autant le dire franchement : Scale Computing n’est pas la réponse universelle à la sortie de VMware.

Le terrain où la solution excelle : les infrastructures de 10 à 150 machines virtuelles, gérées par une équipe informatique réduite — une à trois personnes — voire par un prestataire. Les organisations multi-sites avec de petits clusters dans chaque agence, chaque magasin ou chaque école. Celles qui veulent une facture lisible et stable sur trois à cinq ans. Celles, enfin, qui n’ont pas de compétence de virtualisation pointue en interne et ne souhaitent pas en recruter.

Le terrain où il faut regarder ailleurs : les environnements qui exploitent réellement les fonctions avancées de l’écosystème VMware, les très grandes infrastructures où le coût au cœur reste négociable, les contextes où une équipe souhaite garder la main sur chaque paramètre de l’hyperviseur, ou encore les parcs déjà fortement engagés dans Kubernetes et le conteneur. Dans ces cas, Proxmox, Hyper-V ou Nutanix méritent d’être mis en concurrence.

Un dernier point, souvent décisif en pratique : la simplicité de Scale Computing est aussi une contrainte. La plateforme fait des choix à votre place. Pour une équipe débordée, c’est un soulagement. Pour un administrateur habitué à tout régler finement, cela peut être frustrant. Mieux vaut l’éprouver sur une maquette avant de signer.

Par où commencer

La pire décision, en matière de sortie de VMware, est celle qu’on prend dans l’urgence, trois semaines avant l’échéance du contrat. La bonne séquence tient en trois étapes : un inventaire honnête de l’existant, une comparaison des coûts sur cinq ans — licences, matériel, mais aussi temps d’administration — et une maquette sur deux ou trois machines non critiques.

Chez 365 IT, nous déployons Scale Computing et UpOnScale pour des entreprises et des collectivités des Hauts-de-France, et nous accompagnons la bascule de bout en bout : audit du parc VMware, dimensionnement, installation du cluster, migration par vagues, reprise de la sauvegarde et du plan de reprise. Nous hébergeons également ces infrastructures en France, pour les organisations qui préfèrent ne plus gérer de matériel.

Parlons de votre échéance VMware : un premier échange suffit souvent à savoir si ce chemin est le bon pour vous

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